Qu'est-ce que le bonus-malus et pourquoi il encadre votre prime
Le bonus-malus — officiellement nommé Coefficient de Réduction-Majoration (CRM) — est un dispositif d'origine légale instauré par le décret du 7 janvier 1976 et codifié à l'article A121-1 du Code des assurances. Il s'applique automatiquement à tous les contrats auto des particuliers en France, sans exception.
Son principe est simple : plus vous roulez sans sinistre responsable, plus votre coefficient baisse et plus votre prime diminue. Inversement, chaque sinistre responsable majore le coefficient. Le CRM est donc un indicateur individuel de sinistralité qui suit le conducteur tout au long de sa vie automobile.
Le coefficient de départ est de 1,00. Le minimum absolu est 0,50 (bonus maximal, atteint après 13 ans sans sinistre responsable). Le maximum est 3,50.
Le calcul annuel : la règle des 5 %
Chaque année d'assurance sans sinistre responsable fait baisser le coefficient de 5 % : on multiplie le coefficient actuel par 0,95. L'année 1 sans sinistre : 1,00 × 0,95 = 0,95. Année 2 : 0,95 × 0,95 = 0,90. Et ainsi de suite, avec arrondi à deux décimales.
Un sinistre responsable à 100 % majore le coefficient de 25 % (× 1,25). Un sinistre partiellement responsable (50/50) majore de 12,5 % (× 1,125). Les sinistres non responsables — vol, incendie, bris de glace, accident dont la responsabilité incombe entièrement au tiers — n'ont aucun impact sur le CRM.
Exemple concret : un conducteur à 0,60 (soit 40 % de réduction). Un sinistre responsable l'an N : 0,60 × 1,25 = 0,75. L'année suivante sans sinistre : 0,75 × 0,95 = 0,71. Il faut environ 4 ans pour effacer totalement un sinistre.
Le bonus à vie : comment y accéder et pourquoi c'est précieux
Une fois au CRM de 0,50 depuis 3 années consécutives sans sinistre responsable, le premier sinistre responsable ne majore pas le coefficient. C'est ce qu'on appelle le bonus à vie (ou plus exactement : la clause de descente rapide prévue à l'article A121-1).
Attention : le bonus à vie ne couvre qu'un seul sinistre. Un deuxième dans la même période remet le compteur standard. Et surtout : le bonus à vie ne se transfère pas automatiquement entre assureurs. Il faut l'exiger explicitement dans le contrat et le faire mentionner dans le relevé d'information.
Transfert de CRM : changer d'assureur, de véhicule, ou être conducteur secondaire
Le CRM suit le conducteur, pas le véhicule. Quand vous changez d'assureur, votre nouveau contrat reprend automatiquement votre coefficient, à condition de présenter le relevé d'information (obligatoire, remis sous 15 jours par l'ancien assureur).
Si vous avez un trou de plus de 2 ans sans assurance auto à votre nom, votre CRM est réinitialisé à 1,00. C'est un point fréquemment oublié des expatriés rentrés en France après plusieurs années à l'étranger.
Conducteur secondaire : les années passées comme secondaire sur le contrat d'un parent génèrent bien un CRM personnel, à condition que le jeune soit explicitement nommé au contrat. C'est un atout majeur pour les jeunes conducteurs à leur majorité.
Que se passe-t-il au-delà d'un CRM de 1,50 ?
Au-delà de 1,25 puis 1,50, les assureurs mainstream (AXA, Allianz, MAAF, Matmut) commencent à refuser les profils malussés. Au-delà de 2,00, seuls des assureurs spécialisés acceptent — à des tarifs élevés mais maîtrisés si le dossier est bien négocié par un courtier.
À 3,50 (CRM maximum), c'est le Bureau Central de Tarification (BCT) qui impose un assureur et un tarif après refus. Nos courtiers parisiens gèrent plusieurs dossiers BCT par an et évitent presque toujours cette extrémité par un pilotage en amont.
Les 3 situations qui n'affectent pas votre bonus
Situation 1 — le bris de glace seul (pare-brise, vitres latérales, lunette arrière). Même remboursé par l'assureur, il n'entre pas dans le calcul CRM.
Situation 2 — le vol, l'incendie, les catastrophes naturelles, le vandalisme : non responsables par nature.
Situation 3 — l'accident totalement non responsable avec tiers identifié au constat amiable. Si le tiers fuit ou n'est pas identifié, vous êtes présumé responsable à 50 % — d'où l'importance absolue de rédiger un constat précis.
Comment reconstruire son bonus après un sinistre
Trois ans sans sinistre responsable effacent intégralement un sinistre majorant. Entre-temps, nos courtiers actionnent trois leviers : arbitrage franchise/prime, changement d'assureur (certains mutualistes sont plus cléments sur les CRM remontants), et ajout d'options compensatrices (télématique, stage Centaure).
Le stage de sensibilisation à la sécurité routière (non judiciaire) peut, chez certains assureurs partenaires, accélérer la descente du malus — parfois jusqu'à 15 % de réduction négociée hors dispositif légal. Appelez notre cabinet au 7 Rue des Ursulines pour un audit.