Blog

Dommage ouvrage : que faire si l'assureur refuse votre sinistre ?

Votre assureur dommage ouvrage refuse votre sinistre ? Quatre recours existent : contre-expertise contradictoire, mise en demeure RAR, Médiation de l'Assurance et saisine ACPR. La sanction L242-1 majore l'indemnité du double du taux d'intérêt légal.

Par Eyal Chelly·Fondateur, Courtier en assurance·26 mai 2026·Revu le 28 mai 2026

En cas de refus dommage ouvrage, engagez quatre recours dans l'ordre : contre-expertise contradictoire à vos frais, mise en demeure en recommandé sous huit jours, saisine du Médiateur de l'Assurance, puis ACPR ou tribunal judiciaire. L'article L242-1 majore l'indemnité du double du taux d'intérêt légal en cas de retard.

Pourquoi un assureur refuse-t-il un sinistre dommage ouvrage ?

Le refus de l'assureur dommage ouvrage repose presque toujours sur l'un de quatre motifs. Premier motif : le désordre ne relève pas de l'article 1792-1 du Code civil (fissures esthétiques, malfaçons mineures, usure normale).

Deuxième motif : défaut de déclaration de sinistre dans les délais contractuels (généralement cinq jours ouvrés). Troisième motif : expiration de la garantie décennale dix ans après réception. Quatrième motif : contestation de la nature décennale, l'assureur estimant que le dommage ne compromet ni la solidité ni la destination de l'ouvrage.

Dans 70 % des cas constatés en cabinet, le refus est levé après une contre-expertise indépendante. Identifier le motif exact du refus dans la lettre de l'assureur conditionne toute la suite : c'est l'argument que vous attaquerez ensuite.

Quels délais légaux l'assureur dommage ouvrage doit-il respecter ?

L'assureur dommage ouvrage a 60 jours pour notifier sa décision de garantie, 90 jours pour présenter une offre, 15 jours pour régler. Au-delà, l'indemnité est majorée du double du taux d'intérêt légal (L242-1).

Ces trois délais sont d'ordre public : aucune clause contractuelle ne peut les allonger. En pratique, le délai réel constaté oscille entre 90 et 120 jours pour la décision de garantie. Cet écart entre le légal et le réel est précisément ce qui ouvre vos recours.

Dès que le délai de 60 jours est dépassé sans décision, vous pouvez engager les travaux à vos frais et facturer l'assureur, majoré du double taux d'intérêt légal. La sanction est automatique et s'applique sans démarche judiciaire préalable.

Sources : legifrance.gouv.fr

Quatre recours après un refus dommage ouvrage

1. Contre-expertise contradictoire

Premier réflexe : mandater un expert d'assuré indépendant pour produire un rapport contradictoire. Comptez 1 500 à 4 000 € selon la complexité du dossier. L'expert chiffre les réparations, qualifie la nature décennale du désordre et confronte ses conclusions à celles de l'expert mandaté par l'assureur. Un rapport sérieux fait souvent reculer l'assureur avant tout recours formel.

2. Mise en demeure recommandée

Envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception rappelant l'article L242-1, les délais dépassés et la sanction du double taux d'intérêt légal. Joignez le rapport de contre-expertise et fixez un délai de réponse de huit jours. Cette mise en demeure interrompt la prescription biennale et constitue la pièce maîtresse de tous les recours suivants.

3. Saisine du Médiateur de l'Assurance

Si l'assureur maintient son refus, saisissez gratuitement le Médiateur de l'Assurance (mediation-assurance.org). La saisine est recevable après réponse négative écrite ou silence de 60 jours sur votre réclamation. Le Médiateur rend un avis sous 90 jours, non contraignant mais suivi dans 75 % des cas par les assureurs.

4. ACPR et tribunal judiciaire

Dernier étage : signalement à l'ACPR (autorité de contrôle prudentiel et de résolution) pour pratique commerciale fautive, et saisine du tribunal judiciaire. Une expertise judiciaire est alors ordonnée. Le délai moyen d'une procédure DO contentieuse dépasse 24 mois, mais l'indemnité finale couvre travaux, intérêts majorés et frais d'expert.

L'article L242-1 du Code des assurances prévoit qu'à défaut de respect par l'assureur des délais de 60 jours (décision) et 90 jours (offre), l'assuré peut engager les dépenses de réparation et l'indemnité est automatiquement majorée d'un intérêt égal au double du taux d'intérêt légal en vigueur.

Bien préparer votre dossier de recours

Un dossier solide tient en cinq pièces : courrier de refus de l'assureur, deux devis de réparation tiers (entreprises décennales valides), photos datées des désordres, attestation d'expert d'assuré, copies des lettres recommandées et accusés de réception.

Conservez l'intégralité des échanges écrits. Tout appel téléphonique avec l'assureur doit être confirmé par mail le jour même. Un dossier daté et documenté triple vos chances en médiation et devient indispensable devant le tribunal judiciaire.

Comment contester une décision de l'assureur dommage ouvrage en CCMI, VEFA ou défaut de réception ?

En CCMI avec constructeur défaillant, dirigez la réclamation vers la garantie de livraison puis la DO. En VEFA, l'acquéreur successif bénéficie directement de la garantie. En cas de refus pour défaut de réception, sollicitez une réception judiciaire.

Trois cas dérogent à la procédure standard. CCMI : si le constructeur a souscrit la DO pour votre compte et qu'il dépose le bilan, exigez de l'assureur l'attestation DO et la copie du mandat. La garantie reste due à l'acquéreur. VEFA : la garantie DO suit l'ouvrage, pas l'acquéreur initial — votre acte notarié et l'attestation DO suffisent à activer le recours.

Défaut de réception : si l'assureur invoque l'absence de procès-verbal pour refuser, saisissez le tribunal judiciaire d'une demande de réception judiciaire. Le juge fixe rétroactivement la date d'effet de la garantie décennale et débloque la DO.

Sources : legifrance.gouv.fr

Vérifié le 26 mai 2026 par Eyal Chelly

Besoin d'un regard expert sur votre refus ?

Un courtier ORIAS analyse gratuitement votre dossier et propose la voie de recours la plus efficace.

Contenus liés

Questions fréquentes

Retrouvez les réponses aux questions les plus posées par nos clients

L'article L243-3 prévoit 6 mois d'emprisonnement et 75 000 € d'amende pour le dirigeant, multipliés par cinq pour la personne morale (jusqu'à 375 000 €). Aucune exception pour les pros. À la livraison VEFA ou à la revente dans les 10 ans, le notaire doit mentionner l'absence de DO (L243-2), ce qui bloque les transactions et peut entraîner des recours acquéreur.

L'article L242-1 fixe trois délais d'ordre public : 60 jours pour notifier la décision de garantie après réception de la déclaration de sinistre, 90 jours pour présenter une offre d'indemnité, 15 jours pour régler après acceptation. Au-delà, vous pouvez engager les travaux et l'indemnité est majorée d'un intérêt égal au double du taux d'intérêt légal.

Passer du contenu au devis

Si votre besoin est suffisamment clarifié, nous vous aidons à comparer les garanties et à prioriser les bons arbitrages.

Demander un devis
Obtenir mon devis