Oui. Toute trottinette électrique circulant sur la voie publique doit être couverte par une assurance responsabilité civile : la loi la classe comme véhicule terrestre à moteur (article L211-1 du Code des assurances). L'obligation vaut dès le premier trajet, quelle que soit la vitesse de l'engin, et même s'il est prêté. Rouler sans elle est un délit.
L'assurance trottinette électrique est-elle obligatoire ?
Oui, sans exception. Depuis le décret du 23 octobre 2019, la trottinette électrique est un véhicule terrestre à moteur. L'article L211-1 du Code des assurances impose donc une responsabilité civile dès le premier trajet.
Cette obligation ne dépend ni de la puissance de l'engin, ni de son prix, ni du nombre de kilomètres parcourus. Elle naît de la circulation sur une voie ouverte au public : une rue, une piste cyclable, le parking d'un supermarché.
La garantie couvre les dommages que vous causez à un tiers — un piéton renversé, une portière rayée, un cycliste déséquilibré. Elle ne répare pas vos propres blessures : c'est le rôle de la garantie du conducteur, facultative mais utile.
Le risque n'est pas théorique. L'ONISR, l'observatoire public de la sécurité routière, recense 80 utilisateurs de trottinettes et d'engins assimilés tués en 2025. Les blessés graves atteignent environ 1 100, en hausse de 33 % sur un an — bilan provisoire arrêté au 19 janvier 2026.
Sources : legifrance.gouv.fr, onisr.securite-routiere.gouv.fr
Vous venez d'acheter une trottinette électrique, ou votre ado réclame la sienne, et la même question revient : faut-il vraiment l'assurer, alors que votre contrat d'habitation contient déjà une responsabilité civile ?
La réponse tient en une ligne : oui, et cette responsabilité civile-là ne suffit pas. Depuis 2019, la loi range la trottinette électrique parmi les véhicules terrestres à moteur, au même titre qu'un scooter. Or les contrats multirisque habitation excluent, dans la quasi-totalité des cas, la responsabilité civile liée à ces véhicules.
Ce guide répond dans l'ordre aux questions que se posent les utilisateurs : qui est concerné, ce que coûte réellement un défaut d'assurance, ce qui se passe quand un mineur conduit, ce qu'il reste à faire d'un engin débridé. Chaque chiffre cité renvoie à sa source officielle. Le détail des formules vit sur notre page assurance trottinette électrique.
Un mot sur notre position : nous sommes courtier en assurance, pas assureur. Notre équipe compare 60 assureurs et n'a aucun contrat à défendre. Cela nous autorise à écrire qu'une responsabilité civile seule suffit à beaucoup d'utilisateurs, et qu'une formule plus large n'a d'intérêt que pour certains profils.
Les cinq règles à connaître
Responsabilité civile obligatoire
Dès le premier trajet sur la voie publique, sans condition de puissance ni de prix.
25 km/h au maximum
Au-delà, l'engin n'est plus un EDPM : il bascule dans le régime du cyclomoteur.
14 ans minimum
Âge relevé de 12 à 14 ans par le décret du 31 août 2023.
Piste cyclable, jamais le trottoir
À défaut de piste, la chaussée limitée à 50 km/h en agglomération.
Freins, klaxon, feux, réfléchissants
Équipements obligatoires, plus un vêtement rétro-réfléchissant la nuit.
Faut-il assurer une trottinette électrique qu'on utilise rarement ?
L'obligation ne se calcule ni en kilomètres ni en sorties. Elle se déclenche dès que l'engin roule sur une voie ouverte au public, même une fois par mois. Un trajet de cinq minutes suffit à engager votre responsabilité.
Un seul cas y échappe : l'usage exclusivement privé, sur un terrain clos et fermé à la circulation — votre jardin, une propriété privée. Dès que vous franchissez le portail, la règle s'applique.
Le calcul est vite fait. Une responsabilité civile dédiée se négocie entre 30 et 84 € par an — fourchette indicative (estimation E-Courtage Conseils), à confirmer par devis. En face, un piéton renversé qui se casse le poignet, ce sont des soins, un arrêt de travail et parfois une perte de revenus à rembourser sur vos deniers. Les écarts entre formules sont chiffrés dans notre analyse des prix.
Certains contrats se souscrivent sans engagement et se résilient à l'échéance annuelle : vérifiez cette clause avant de signer.
Sources : service-public.gouv.fr
Qu'est-ce qu'un EDPM et quels engins l'obligation couvre-t-elle ?
EDPM signifie « engin de déplacement personnel motorisé ». Le Code de la route y range tout véhicule motorisé sans place assise, conçu pour une seule personne, dont la vitesse par construction va de 6 à 25 km/h.
La catégorie est large. Trottinette électrique, gyroroue, monoroue, hoverboard, gyropode : même définition, même régime, même obligation (notre fiche EDPM détaille le périmètre). Un engin qui dépasse 25 km/h par construction en sort — et sort aussi de la plupart des contrats grand public.
Deux voisins n'appartiennent pas à la catégorie. La draisienne électrique relève du cyclomobile léger, créé par le décret du 14 janvier 2022 : moteur de 350 W maximum, 30 kg à vide, dispensé d'immatriculation. Le speed bike, dont l'assistance coupe à 45 km/h, est un cyclomoteur : carte grise, plaque, casque moto homologué et permis AM, l'ancien brevet de sécurité routière.
Tous, sans exception, exigent une responsabilité civile. Seul le contrat change.
Sources : legifrance.gouv.fr, legifrance.gouv.fr
Tout EDPM, dont la trottinette électrique, est qualifié de véhicule terrestre à moteur : son utilisation impose une assurance de responsabilité civile au titre de l'article L211-1 du Code des assurances, dès la première utilisation sur la voie publique.
Un EDPM est défini comme un véhicule sans place assise, conçu et construit pour le déplacement d'une seule personne et dépourvu de tout aménagement destiné au transport de marchandises, équipé d'un moteur non thermique ou d'une assistance non thermique, et dont la vitesse maximale par construction est supérieure à 6 km/h sans excéder 25 km/h.
Que risque-t-on vraiment à rouler sans assurance ?
Deux montants circulent, et ils ne visent pas les mêmes situations. 3 750 € est le plafond encouru devant un tribunal. Un primo-contrevenant paie en pratique une amende forfaitaire de 500 €, ramenée à 400 € s'il règle sous quinze jours.
Le mécanisme figure au IV de l'article L324-2 du Code de la route. Hors récidive et hors autre délit associé, le paiement de cette amende forfaitaire délictuelle éteint l'action publique. Passé 45 jours, elle monte à 1 000 €.
Le plafond de 3 750 € reprend son sens dès qu'un juge est saisi : récidive, conducteur mineur, refus de payer, accident avec blessés. S'y ajoutent des peines complémentaires — confiscation de l'engin, stage de sensibilisation, suspension du permis si vous en détenez un.
Retenez la hiérarchie : 400 à 1 000 € pour une première infraction réglée par voie forfaitaire, jusqu'à 3 750 € devant le tribunal. Et l'amende n'est que la partie visible du coût.
Sources : legifrance.gouv.fr
Qui indemnise la victime si le conducteur n'est pas assuré ?
Le Fonds de garantie des assurances obligatoires (FGAO) prend le relais : il indemnise intégralement la victime, comme l'aurait fait un assureur. Puis il se retourne contre le conducteur non assuré pour récupérer chaque euro versé.
Ce recours subrogatoire n'a pas de plafond. Il porte sur les soins, les pertes de revenus et l'éventuelle rente d'invalidité de la victime, majorés des intérêts et des frais de recouvrement. Il ne s'efface pas avec l'amende déjà payée : les deux se cumulent.
Prenons un cas concret. Vous percutez un piéton qui subit une fracture ouverte, six mois d'arrêt puis une incapacité partielle. Le FGAO l'indemnise, puis vous adresse la facture. Une responsabilité civile souscrite en amont aurait absorbé ce sinistre.
Ce recours est distinct de l'amende pénale. Payer 500 € au Trésor public ne vous libère de rien vis-à-vis du FGAO.
Sources : fondsdegarantie.fr
Sanctions de circulation : trois niveaux d'amende
Ces amendes sanctionnent la conduite, pas le défaut d'assurance. Elles s'y ajoutent.
- 135 € (4e classe) : trottoir non autorisé, transport d'un passager, feu rouge franchi.
- 750 € (5e classe) : conduite d'un engin dépassant sa vitesse maximale par construction.
- Jusqu'à 1 500 € : excès de vitesse caractérisé au guidon d'un engin débridé.
Source : Sécurité Routière, réglementation des EDPM, consultée le 26 mai 2026.
Qui doit assurer la trottinette électrique d'un mineur de 14 ans ?
C'est au parent de souscrire le contrat. Un mineur ne peut pas signer d'assurance : le représentant légal paie la prime et déclare l'adolescent comme conducteur habituel de l'engin. L'âge minimum est de 14 ans depuis le 1er septembre 2023.
Le décret du 31 août 2023 a relevé cet âge de 12 à 14 ans. En dessous, l'engin reste interdit sur la voie publique, assuré ou non — l'assurance ne régularise pas un conducteur trop jeune.
Deux points échappent souvent aux familles. La responsabilité civile « vie privée » du contrat habitation couvre les bêtises de vos enfants, mais pas la conduite d'un véhicule terrestre à moteur : la trottinette de votre ado en est un. Et le défaut de déclaration du conducteur habituel peut réduire l'indemnisation, voire ouvrir la porte à un refus de garantie.
Le même décret a fait passer le transport d'un passager de 35 € à 135 € d'amende. Deux ados sur une trottinette, c'est donc 135 €.
Sources : legifrance.gouv.fr, economie.gouv.fr
Une trottinette débridée peut-elle encore être assurée ?
Non, une trottinette débridée n'est plus assurable comme un EDPM, et le problème dépasse l'assurance.
Au-delà de 25 km/h, l'engin quitte cette catégorie et bascule dans celle des cyclomoteurs : il faudrait une carte grise et une homologation qu'aucune trottinette grand public n'obtient.
L'impasse est réglementaire. L'engin n'est plus un EDPM, et il ne peut pas devenir un cyclomoteur homologué : il circule en infraction quoi qu'il arrive. Côté contrat, la quasi-totalité des conditions générales excluent le débridage — un sinistre survenu à 40 km/h se solde par un refus de garantie, et vous ramène au recours du FGAO.
Une seule sortie praticable : la remise en conformité d'origine. Faites rétablir le bridage par un réparateur, conservez la facture et l'attestation de remise en état, puis présentez la vitesse d'origine à l'assureur.
Vendre ou installer un kit de débridage reste par ailleurs un délit : deux ans de prison et 30 000 € d'amende. Notre lexique détaille le débridage et ses conséquences.
Sources : economie.gouv.fr, legifrance.gouv.fr
Être en règle en quatre étapes
Identifiez la catégorie de l'engin
Lisez la vitesse maximale par construction sur la plaque ou la notice : jusqu'à 25 km/h, c'est un EDPM ; au-delà, un cyclomoteur.
Relisez votre contrat habitation
Cherchez la clause d'exclusion « véhicules terrestres à moteur » : dans la quasi-totalité des contrats, elle écarte la trottinette de la responsabilité civile vie privée.
Souscrivez la responsabilité civile dédiée
Trois pièces suffisent : la facture d'achat, une pièce d'identité et un RIB. Déclarez le conducteur habituel, y compris s'il s'agit de votre enfant.
Conservez l'attestation sur vous
Papier ou fichier hors ligne dans le téléphone, avec une date de validité lisible.
Quel contrat selon votre situation ?
Quatre situations couvrent l'essentiel des cas. La responsabilité civile reste obligatoire dans les quatre.
Votre situation
Si vous roulez chaque jour pour vos trajets domicile-travail
Ajoutez la garantie du conducteur à la responsabilité civile : elle indemnise vos propres blessures, que la RC ne couvre jamais.
Obtenir mon devisVotre situation
Si vous sortez la trottinette deux ou trois fois par mois
La responsabilité civile seule suffit dans la plupart des cas. Vérifiez la clause de résiliation à l'échéance annuelle avant de signer.
Obtenir mon devisVotre situation
Si l'engin est conduit par votre enfant de 14 ans ou plus
Souscrivez à votre nom et déclarez-le comme conducteur habituel. La responsabilité civile de votre contrat habitation ne couvrira pas cette conduite.
Obtenir mon devisVotre situation
Si vous livrez des repas ou des colis avec votre trottinette
L'usage professionnel est écarté de la plupart des contrats grand public : demandez une extension écrite avant la première course.
Obtenir mon devisVotre assurance habitation ne prend pas le relais. Les contrats multirisque habitation excluent, dans la quasi-totalité des cas, la responsabilité civile liée aux véhicules terrestres à moteur soumis à une obligation d'assurance propre. La trottinette électrique entre exactement dans cette case. Nous avons détaillé la lecture des clauses concernées dans notre comparatif entre habitation et contrat dédié.
Votre contrat auto non plus. La garantie « conduite d'autres véhicules » d'une police auto vise des voitures, pas des engins de mobilité. Aucune extension automatique n'existe entre les deux mondes.
En libre-service, l'assurance change de porteur. Le ministère de la Transition écologique le formule sans ambiguïté : les opérateurs de free-floating doivent souscrire une assurance pour couvrir leurs usagers. Vous n'avez donc pas de contrat à prendre pour emprunter un Lime ou un Dott. Vérifiez toutefois l'étendue réelle de cette couverture dans les conditions du service : elle porte sur la responsabilité civile, rarement sur vos propres blessures.
À Paris, la question ne se pose plus depuis le 1er septembre 2023 : le libre-service y est interdit, et rien n'annonce son retour en 2026.
Si vous livrez, le contrat n'est pas le même. Aucun texte officiel ne traite l'exclusion des livreurs sur un contrat EDPM : c'est une pratique de marché, pas une règle légale. La plupart des contrats grand public couvrent le seul usage privé — demandez l'extension par écrit avant la première course. Le sujet est développé dans notre guide dédié aux livreurs.
Notre rôle, ici. Nous ne vendons pas notre propre police. E-Courtage Conseils est un courtier en assurance indépendant immatriculé à l'ORIAS sous le n° 240 082 22. Notre équipe compare 60 assureurs et lit les exclusions à votre place : débridage, usage professionnel, conducteur habituel.
Les erreurs les plus coûteuses
- Compter sur la responsabilité civile de votre contrat habitation. Dans la quasi-totalité des contrats, elle exclut les véhicules terrestres à moteur soumis à une obligation d'assurance propre — la trottinette électrique en fait partie.Source : economie.gouv.fr
- Assurer l'engin sans déclarer l'adolescent qui le conduit chaque jour. Le défaut de déclaration du conducteur habituel peut réduire l'indemnisation, voire ouvrir la porte à un refus de garantie.
- Rouler avec une trottinette vendue déjà débridée. Lisez la vitesse maximale par construction sur la plaque du constructeur avant l'achat : au-delà de 25 km/h, aucun contrat grand public ne suivra.Source : Légifrance — Code de la route, art. R311-1
- Livrer des repas ou des colis avec un contrat souscrit pour un usage privé. Aucun texte officiel ne traite ce cas : c'est une pratique de marché. Vérifiez la définition de l'usage garanti dans vos conditions générales et demandez l'extension par écrit.
- Garder une attestation périmée dans le téléphone. Une attestation expirée équivaut à une absence de justificatif au moment du contrôle.
- Jeter la facture d'achat. Elle prouve la vitesse d'origine si un agent soupçonne un débridage, et fixe la valeur retenue le jour où vous ajoutez une garantie vol ou dommages.
Une question sur votre situation précise ?
Décrivez-nous votre engin et votre usage : nos conseillers vous disent si votre contrat actuel couvre quelque chose, et ce qu'il manque. Gratuit, sans engagement, rappel sous 2 h ouvrées.
Comment prouver son assurance lors d'un contrôle ?
Présentez l'attestation remise par votre assureur, sur papier ou depuis votre téléphone. Elle doit mentionner votre nom, l'engin couvert, la garantie de responsabilité civile et une période de validité en cours.
Contrairement à la voiture, l'EDPM ne reçoit pas de vignette verte à coller : aucun support n'est réglementairement imposé sur l'engin lui-même. En pratique, un agent demande l'attestation, votre identité, et vérifie la vitesse maximale inscrite sur la plaque du constructeur.
Trois réflexes utiles. Téléchargez l'attestation dans votre téléphone dès la souscription, en fichier hors ligne. Vérifiez que la période de validité couvre la date du jour : une attestation périmée équivaut à une absence de justificatif au moment du contrôle. Et gardez la facture d'achat, qui prouve la vitesse d'origine si l'agent soupçonne un débridage.
Nos conseillers vérifient avec vous que l'attestation mentionne bien l'engin et le conducteur habituel.
Sources : service-public.gouv.fr