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Dirigeante d'une PME relisant une offre de prêt professionnel à son bureau, plans de locaux étalés sur la table

Assurance Emprunteur Pro

Murs, fonds de commerce, matériel, parts sociales : les garanties à exiger, les règles qui s'appliquent vraiment à un prêt professionnel et la fiscalité des primes

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Qu'est-ce que l'assurance emprunteur d'un prêt professionnel ?

Aucune loi n'impose d'assurer un prêt professionnel, mais la banque l'exige presque toujours. Le contrat couvre le décès, la perte totale d'autonomie et, selon les garanties choisies, l'incapacité et l'invalidité. Les protections du crédit immobilier des particuliers ne s'appliquent pas à un prêt qui finance une activité professionnelle : tout se négocie avant la signature de l'offre.

L'assurance emprunteur d'un prêt pro est-elle obligatoire ?

Non : aucun texte n'impose d'assurer un prêt professionnel. La banque en fait pourtant presque toujours une condition du crédit, en général par une clause du contrat de prêt, et elle peut accepter d'autres garanties si l'assurance est refusée.

L'assurance n'est qu'une garantie parmi d'autres pour le prêteur, au même titre qu'une caution personnelle du dirigeant, une hypothèque ou un nantissement du fonds de commerce. Pour un prêt de locaux ou de matériel, la convention AERAS prévoit qu'en cas de refus d'assurance, le prêteur examine avec l'emprunteur les garanties alternatives, cautions ou hypothèques. En pratique, pour des murs, un fonds ou du matériel, la banque demande au moins le décès et la perte totale et irréversible d'autonomie sur la tête du ou des dirigeants dont dépend le remboursement. Le courtier, lui, doit préciser par écrit vos exigences et vos besoins avant la souscription, puis motiver son conseil (article L521-4 du Code des assurances).

Sources : aeras-infos.fr, legifrance.gouv.fr

Les règles du crédit immobilier des particuliers s’appliquent-elles à un prêt pro ?

Non, dès que le prêt finance une activité professionnelle : l'article L313-2 du Code de la consommation l'exclut du crédit immobilier, et avec lui de l'équivalence des garanties, de la résiliation à tout moment et de l'absence de questionnaire.

Ces protections, dans le Code de la consommation (L313-30) comme dans le Code des assurances (L113-12-2, L113-2-1), renvoient au crédit défini à l'article L313-1. Deux cas peuvent pourtant y entrer, sauf si le contrat de prêt les destine expressément à l'activité : l'achat par un particulier d'un immeuble à usage professionnel et d'habitation ; et le crédit d'une société civile qui ne finance pas une activité professionnelle. À l'inverse, la SCI dont l'activité habituelle ou l'objet est de louer des locaux, par exemple les murs loués à votre société d'exploitation, relève en principe de l'exclusion. Pour le régime des particuliers, voyez notre page assurance emprunteur. En cas de doute, demandez à la banque d'indiquer par écrit sous quel régime elle émet son offre.

Sources : legifrance.gouv.fr, legifrance.gouv.fr, legifrance.gouv.fr

Prêt immobilier de particulier ou prêt professionnel : ce qui change

QuestionCrédit immobilier d’un particulierPrêt finançant une activité pro★ Recommandée
Choisir un autre assureur que la banqueDroit, si les garanties sont équivalentesPossible si la banque l’accepte
Refus de la banqueExplicite et motivé ; réponse sous 10 jours ouvrés après l’offreAucune obligation légale de motiver
Changer d’assurance en cours de prêtÀ tout momentSelon le contrat et l’accord de la banque
Questionnaire de santéSupprimé jusqu’à 200 000 € assurés, crédit fini avant 60 ansDemandé
Convention AERAS✓OuiOui pour des locaux ou du matériel

Code de la consommation (art. L313-1, L313-2, L313-30, L313-31) et Code des assurances (art. L113-2-1, L113-12-2), relus sur Légifrance le 1er octobre 2026 ; convention AERAS.

Quelles garanties choisir pour un dirigeant ?

Décès et perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA) forment le socle demandé par les banques. Pour un dirigeant qui vit de son travail, l'incapacité de travail (ITT) et l'invalidité comptent autant : c'est là que les contrats diffèrent.

Quatre points font la différence au moment d'un arrêt. La définition de l'incapacité : être dans l'impossibilité d'exercer votre profession, ou toute activité, ce qui est bien plus restrictif. La franchise, ce nombre de jours d'arrêt avant la première prise en charge. Le mode d'indemnisation : forfaitaire, la mensualité est prise en charge quel que soit votre revenu ; indemnitaire, seule la perte réelle l'est, après déduction de ce que vous percevez par ailleurs. Les exclusions enfin, notamment les affections du dos et les troubles psychiques, que certains contrats ne couvrent qu'après une hospitalisation. La garantie perte d'emploi vise en pratique les salariés indemnisés par l'assurance chômage : un indépendant ou un mandataire social sans contrat de travail n'y est en général pas éligible. Voir aussi notre définition de la garantie ITT.

Sources : aeras-infos.fr

Les garanties, du socle aux options

✓Décès : remboursement du capital restant dû
✓Perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA)
○Incapacité temporaire de travail (ITT), définie par votre profession
○Invalidité permanente totale (IPT)
○Invalidité permanente partielle (IPP)
○Affections du dos et troubles psychiques sans condition d’hospitalisation
✗Perte d’emploi : en général inaccessible à un indépendant ou un mandataire social
✗Pertes de l’entreprise après la disparition du dirigeant : garantie homme-clé

Quelle quotité retenir entre associés ?

La quotité est la part du prêt couverte sur chaque tête ; les banques demandent en général au moins 100 % au total. Le bon critère : de qui dépend la capacité de l'entreprise à rembourser si l'un des dirigeants disparaît ou s'arrête ?

Un dirigeant seul est assuré à 100 %. Deux associés à 50 % chacun respectent le minimum, mais au décès de l'un, la moitié du capital reste à rembourser par l'entreprise, privée de l'associé disparu : la répartition n'a de sens que si l'activité survit sans lui. Assurer chacun à 100 % solde tout le prêt au premier sinistre, pour une cotisation doublée. Entre les deux, une répartition inégale suit le poids réel de chaque associé dans l'activité, pas la répartition du capital social. Aucun texte ne fixe ces choix : ils se négocient avec la banque, qui doit les accepter. La quotité d'assurance se décide avant de comparer les prix, puisque c'est elle qui fixe le capital assuré.

Sources : legifrance.gouv.fr

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Combien coûte l’assurance d’un prêt professionnel ?

Le coût dépend de l'âge, de la santé, du capital, de la durée et des garanties, mais aussi de la base de calcul : un même taux appliqué au capital initial ou au capital restant dû ne donne pas du tout le même total.

Un exemple, avec un taux choisi pour l'illustration et non un tarif : un prêt de 300 000 € sur 15 ans à 4 %, assuré à 0,30 % par an. Calculée sur le capital initial, la cotisation est constante, 900 € par an, soit 13 500 € au total. Calculée chaque mois sur le capital restant dû, elle baisse à mesure du remboursement : environ 7 460 € au total, car le capital restant dû moyen ne représente qu'environ 55 % du capital emprunté. Comparez des coûts totaux à garanties identiques, pas des taux. Les écarts entre contrat de la banque et contrat externe sont détaillés dans notre comparatif contrat groupe ou délégation pour un prêt pro.

Sources : legifrance.gouv.fr

Que prévoit la convention AERAS pour un prêt professionnel ?

La convention AERAS couvre les prêts professionnels de locaux ou de matériel. Après un refus au tarif standard, le dossier est réexaminé automatiquement, si l'assurance finit avant 71 ans et que la part assurée n'excède pas 420 000 €.

Après un refus, le dossier passe sans démarche de votre part à un réexamen individualisé, puis au pool des risques très aggravés de santé. Le courrier de l'assureur indique le niveau auquel un refus a été prononcé et la possibilité de saisir la commission de médiation AERAS. Lorsque l'offre est faite au deuxième ou au troisième niveau, et sous conditions de ressources du foyer, une fois le plafond de la sécurité sociale pour une part fiscale, jusqu'à 1,5 fois à partir de trois parts, la prime ne peut dépasser 1,4 point dans le taux effectif global. Un fonds de commerce ou un rachat de parts sort du champ de la convention : tout se négocie avec l'assureur. Détails dans notre fiche AERAS pour les prêts professionnels.

Sources : aeras-infos.fr, aeras-infos.fr

Les primes d’assurance d’un prêt pro sont-elles déductibles ?

Oui quand le contrat de prêt impose l'assurance : la doctrine fiscale traite alors les primes comme une charge financière, au même titre que les intérêts. Souscrite de votre propre initiative, la garantie décès ne se déduit pas au fil des échéances.

Le BOFiP (BOI-BIC-CHG-40-20-20) admet la déduction par la société même lorsque l'assuré est le dirigeant qui signe la police, et par l'entrepreneur individuel qui rembourse à la banque les primes qu'elle a payées. Il précise aussi l'autre face : quand l'assureur rembourse la banque après un décès, l'extinction de la dette est un profit imposable pour l'entreprise. L'article 38 quater du CGI permet, sous conditions, d'étaler sur cinq ans le profit né de l'indemnisation versée au décès d'un dirigeant assuré par l'entreprise. Faites valider son application à votre cas, et le traitement en BNC pour une profession libérale, par votre expert-comptable. Ce schéma fiscal est détaillé dans notre guide de l’assurance de prêt professionnel.

Sources : bofip.impots.gouv.fr, legifrance.gouv.fr

Peut-on changer d’assurance en cours de prêt professionnel ?

Aucun texte propre au prêt professionnel ne vous en garantit le droit. La résiliation à tout moment de la loi Lemoine ne vise que les crédits immobiliers des particuliers, et la résiliation annuelle peut être écartée par le contrat.

La résiliation annuelle de l'article L113-12 du Code des assurances ne s'applique pas aux assurances sur la vie, et son application à un contrat emprunteur, qui mêle décès et arrêt de travail, reste discutée. Le même article permet surtout à la police d'écarter la résiliation annuelle pour les risques autres que ceux des particuliers, ce que font souvent les contrats professionnels. Changer d'assureur dépend donc des clauses de votre contrat d'assurance et, surtout, du contrat de prêt : si la banque a imposé l'assurance, la remplacer sans son accord écrit peut constituer un manquement au contrat de prêt. Le bon réflexe est de négocier avant la signature une clause qui autorise la substitution par un contrat aux garanties équivalentes. Pour un crédit de particulier, voyez notre guide changer d’assurance emprunteur avec la loi Lemoine.

Sources : legifrance.gouv.fr, legifrance.gouv.fr

Comment nous montons votre dossier

1

Recueillir le projet

Objet du prêt, montant, durée, structure qui emprunte, dirigeants à assurer et garanties exigées par la banque, de préférence par écrit.

2

Fixer les garanties et la quotité

Définition de l'incapacité, franchise, mode d'indemnisation, exclusions acceptables et répartition entre associés.

3

Consulter les assureurs

Nous interrogeons les assureurs de notre panel sur le même cahier des charges ; vous remplissez seul le questionnaire de santé.

4

Présenter le contrat à la banque

Avant l'émission de l'offre, avec un tableau qui confronte chaque garantie à celles qu'elle exige.

5

Suivre le contrat

Attestations, déclaration de sinistre et révision si le prêt est renégocié ou si un associé change.

Pourquoi passer par un courtier pour un prêt professionnel ?

Parce que la banque n'est pas tenue d'accepter un autre contrat que le sien : la délégation se gagne par un dossier construit avant l'offre, garantie par garantie, et par le choix d'assureurs qui acceptent votre profession et votre état de santé.

Un courtier doit vous remettre, avant la conclusion du contrat, les informations sur son identité, son immatriculation et ses éventuels liens avec des assureurs (article L521-2 du Code des assurances), puis formaliser vos exigences et vos besoins par écrit (article L521-4). E-Courtage Conseils est un cabinet de courtage indépendant inscrit à l'ORIAS sous le n° 240 082 22, en activité depuis 2018 et installé à Paris 5e, qui consulte un panel de 60 assureurs. Nous vous aidons à réunir les pièces médicales, que vous transmettez sous pli confidentiel au médecin-conseil de l'assureur, et nous comparons aussi la garantie homme-clé quand l'entreprise dépend d'une seule personne : ce n'est pas le même contrat.

Sources : legifrance.gouv.fr, legifrance.gouv.fr

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Nos autres assurances professionnels

Lexique utile

Les definitions a maitriser pour lire correctement un contrat, ses garanties et ses exclusions.

Lexique

Convention AERAS (volet professionnel)

La convention AERAS (S'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) ouvre l'accès à l'assurance emprunteur aux dirigeants, TNS et professions libérales ayant un antécédent médical. Son volet professionnel couvre les prêts de locaux et de matériel, et plafonne la surprime intégrée au taux effectif global.

Lire la définition

Lexique

Garantie homme-clé

La garantie homme-clé est un contrat souscrit par une entreprise pour couvrir les pertes financières liées à la disparition, l'invalidité ou l'incapacité d'une personne indispensable à son activité. L'indemnité est versée à l'entreprise, non à une banque ni à un héritier, pour compenser la chute du chiffre d'affaires.

Lire la définition

Lexique

Quotité d'assurance emprunteur

Pourcentage du capital emprunté couvert par l'assurance pour chaque assuré. La somme des quotités doit être au moins égale à 100 % du prêt.

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Lexique

Délégation d'assurance

Choix d'un assureur externe à la banque pour couvrir son prêt immobilier. Légal depuis 2010 (loi Lagarde) à la souscription, et depuis 2022 (loi Lemoine) à tout moment du prêt.

Lire la définition

Lexique

Garantie ITT (Incapacité Temporaire Totale)

Garantie qui prend en charge les mensualités du prêt si l'assuré est en arrêt de travail complet et temporaire. La définition d'ITT varie selon les contrats : « toute profession » ou « propre profession ».

Lire la définition

Questions fréquentes

Retrouvez les réponses aux questions les plus posées par nos clients

L'assurance emprunteur est-elle obligatoire pour un prêt professionnel ?

Non, aucune loi ne l'impose. Mais la banque en fait presque toujours une condition du prêt, et peut accepter d'autres garanties si l'assurance est refusée.

La loi Lemoine s’applique-t-elle à un prêt professionnel ?

Non, si le prêt finance une activité professionnelle. Un immeuble mixte acheté en nom propre y entre en principe, sauf si l'offre le destine à l'activité.

Quelle quotité d'assurance choisir pour un dirigeant SARL avec un co-emprunteur ?

En général au moins 100 % au total. Si chacun est indispensable à l'activité, 100 % sur chaque tête solde tout le prêt au premier sinistre, pour un coût doublé.

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