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Maintien de salaire en arrêt maladie : barème 2026 et règles

Les deux, successivement : la Sécurité sociale verse les indemnités journalières (IJSS), puis l'employeur ajoute un complément dès un an d'ancienneté. Souvent l'employeur avance tout via la subrogation, puis récupère les IJSS.

Par Eyal Chelly·Fondateur, Courtier en assurance·10 juillet 2026·Revu le 10 juillet 2026·ORIAS 240 082 22

Pendant un arrêt maladie, la Sécurité sociale verse d'abord des indemnités journalières (IJSS), puis l'employeur ajoute un complément si vous avez au moins un an d'ancienneté : votre rémunération brute est maintenue à 90 % pendant 30 jours, puis à 66,66 % pendant 30 jours, après 7 jours de carence. Ces durées augmentent avec l'ancienneté (articles L1226-1 et D1226-1).

Barème du maintien de salaire selon l'ancienneté

AnciennetéJours à 90 % du brutJours à 66,66 % du brutDurée totale maximale★ Recommandée
De 1 à 5 ans30 jours30 jours60 jours
De 6 à 10 ans40 jours40 jours80 jours
De 11 à 15 ans50 jours50 jours100 jours
De 16 à 20 ans60 jours60 jours120 jours
De 21 à 25 ans70 jours70 jours140 jours
De 26 à 30 ans80 jours80 jours160 jours
31 ans et plus90 jours90 jours180 jours

Barème légal du maintien employeur (art. D1226-1 du code du travail), hors 7 jours de carence en maladie non professionnelle. Consulté le 10 juillet 2026.

Maintien de salaire en arrêt maladie : les points clés

Une obligation légale dès un an d'ancienneté

L'employeur complète les indemnités de la Sécurité sociale pour tout salarié justifiant d'au moins un an d'ancienneté (article L1226-1 du code du travail).

90 % puis 66,66 % du brut

L'indemnisation atteint 90 % de la rémunération brute pendant 30 jours, puis 66,66 % pendant 30 jours, ces durées augmentant avec l'ancienneté.

Un complément, pas un cumul

Le maintien s'entend indemnités journalières déduites : l'employeur ne verse que la différence entre le taux garanti et les IJSS déjà perçues.

La prévoyance prend le relais

Au-delà des durées légales, c'est la prévoyance collective qui protège le salarié en cas d'arrêt long, d'invalidité ou de décès.

Quand un salarié tombe malade, la Sécurité sociale ne compense qu'une partie de son salaire. Le maintien de salaire est le mécanisme qui oblige l'employeur à compléter ces indemnités, sous conditions d'ancienneté, pour limiter la perte de revenu pendant l'arrêt.

Cette obligation découle de la loi de mensualisation, aujourd'hui codifiée à l'article L1226-1 du code du travail. La convention collective de branche peut prévoir un maintien plus favorable — c'est fréquent —, mais jamais moins protecteur que le socle légal.

Qui paye pendant un arrêt maladie : l'employeur ou la Sécurité sociale ?

Les deux, successivement : la Sécurité sociale verse les indemnités journalières (IJSS), puis l'employeur ajoute un complément dès un an d'ancienneté. Souvent l'employeur avance tout via la subrogation, puis récupère les IJSS.

La Sécurité sociale indemnise la perte de revenu via les indemnités journalières, à hauteur de 50 % du salaire journalier de base, dans la limite d'un plafond révisé chaque 1er janvier. Ce montant seul laisse un reste à charge important, souvent proche de la moitié du salaire net.

L'employeur intervient au titre du maintien de salaire légal (article L1226-1 du code du travail) : il complète les indemnités journalières pour atteindre 90 % puis 66,66 % du brut. Ce complément suppose un certificat médical transmis sous 48 heures (article L1226-1 du code du travail) et des soins reçus en France ou dans l'EEE. Les salariés saisonniers, intermittents, temporaires et travailleurs à domicile en sont exclus.

Sources : legifrance.gouv.fr, ameli.fr

Y a-t-il un délai de carence avant le maintien employeur ?

Oui, en maladie non professionnelle : l'employeur ne verse son complément qu'à partir du 8e jour d'absence, soit 7 jours de carence. Pour un accident du travail ou une maladie professionnelle, aucune carence ne s'applique.

Cette carence de 7 jours (article D1226-3) porte uniquement sur le complément employeur. Les indemnités journalières de la Sécurité sociale ont leur propre délai de carence, plus court et distinct (détail sur ameli.fr). Ce décalage explique pourquoi un arrêt court peut ne déclencher aucun maintien et vous laisser une première semaine à revenu très réduit.

Beaucoup de conventions collectives suppriment ou raccourcissent cette carence pour les arrêts maladie. Vérifiez votre branche : un accord peut prévoir une indemnisation dès le 1er jour, y compris hors accident du travail. C'est un point de comparaison concret entre deux employeurs d'un même secteur.

Sources : legifrance.gouv.fr

Le maintien légal fonctionne par paliers. Dès un an d'ancienneté, l'employeur verse 90 % de la rémunération brute pendant 30 jours, puis 66,66 % pendant les 30 jours suivants. Chaque tranche de cinq ans d'ancienneté supplémentaire allonge ces durées de dix jours par palier.

Point essentiel : ce complément s'entend indemnités journalières déduites. L'employeur ne verse que la différence entre le taux garanti et les indemnités déjà servies par la Sécurité sociale — souvent en pratiquant la subrogation, c'est-à-dire en percevant directement ces indemnités à la place du salarié.

Bulletin de paie et calculatrice pour calculer le maintien de salaire

Qui a droit au maintien de salaire ? Les conditions

Vous y avez droit si vous comptez au moins un an d'ancienneté, êtes en arrêt justifié par un certificat médical transmis sous 48 heures (article L1226-1 du code du travail), percevez les IJSS et êtes soigné dans l'EEE.

Quatre profils restent exclus du maintien légal : les travailleurs à domicile, les salariés saisonniers, les intermittents et les salariés temporaires (article L1226-1). Pour eux, seule une couverture conventionnelle ou une prévoyance dédiée compense la perte de revenu. Vérifiez votre statut avant de compter sur ce complément.

L'ancienneté se calcule dans la même entreprise. Un salarié embauché depuis dix mois n'ouvre donc aucun droit au complément employeur et ne touche que les indemnités journalières. Le maintien démarre mécaniquement au douzième mois de présence, sans démarche particulière de votre part, dès lors que l'arrêt est correctement déclaré dans les délais.

Sources : legifrance.gouv.fr

Calculer votre maintien de salaire

1

Établir le salaire brut de référence

Prenez la rémunération brute que vous auriez perçue en travaillant sur la période de l'arrêt.

2

Estimer les IJSS

La Sécurité sociale verse environ 50 % du salaire journalier de base, dans la limite du plafond en vigueur.

3

Calculer le complément employeur

Appliquez le taux dû (90 % puis 66,66 % du brut) et déduisez les IJSS : l'employeur ne verse que la différence.

4

Vérifier votre convention collective

Votre branche impose souvent mieux : taux plus élevés, carence réduite ou maintien à 100 % du net.

Subrogation : comment l'employeur perçoit les IJSS

La subrogation permet à l'employeur de percevoir directement vos indemnités journalières, à deux conditions : maintenir tout ou partie de votre salaire, et verser au moins l'équivalent des IJSS. Il les déclare via le signalement d'arrêt en DSN.

Sans subrogation, la caisse verse les IJSS directement au salarié tous les 14 jours en moyenne, et l'employeur ne complète que sa part. Avec subrogation, vous recevez un bulletin de paie unique et n'avancez rien : c'est plus lisible et plus rapide pour votre trésorerie.

Côté employeur, la moindre erreur de dates dans la DSN renvoie le paiement des indemnités vers le salarié et complique la reconstitution du net. La subrogation reste facultative, mais la plupart des entreprises l'appliquent dès qu'elles maintiennent le salaire. Vérifiez sur votre fiche de paie la mention correspondante.

Sources : ameli.fr

Le maintien de salaire légal verse 90 % de la rémunération brute pendant 30 jours, puis 66,66 % pendant 30 jours ; ces durées augmentent de 10 jours par période de 5 ans d'ancienneté, dans la limite de 90 jours à chaque taux. En maladie non professionnelle, un délai de carence de 7 jours s'applique (indemnisation au 8e jour) ; il n'y en a pas en accident du travail ou maladie professionnelle.

Votre convention collective peut-elle faire mieux que la loi ?

Oui, et c'est fréquent. La loi fixe seulement un plancher : beaucoup de conventions collectives prévoient mieux — carence supprimée, taux porté jusqu'à 100 % du net, ou durées allongées. Tout dépend de votre branche (IDCC).

Pour connaître vos droits exacts, identifiez votre convention collective (son numéro IDCC figure sur votre bulletin de paie), puis consultez sa fiche sur code.travail.gouv.fr. Les branches comme l'hôtellerie-restauration, la propreté ou Syntec y publient leurs propres barèmes de maintien, avec la carence, les taux et la durée applicables.

Quand la convention est plus favorable, c'est elle qui s'applique, pas le minimum légal. À l'inverse, elle ne peut jamais descendre sous le plancher du code du travail. Comparez les deux avant de renoncer à un droit : un employeur peut ignorer une clause de branche plus généreuse. Demandez le détail de votre régime de branche au service paie.

Sources : code.travail.gouv.fr

Comment toucher 100 % de son salaire en arrêt maladie ?

Le maintien légal seul ne le permet pas : il plafonne à 90 % du brut, puis 66,66 %. Pour atteindre 100 % du salaire, deux leviers existent — une convention collective favorable, ou une prévoyance collective qui complète au-delà du minimum légal.

Une convention collective généreuse peut porter le maintien à 100 % du net pendant plusieurs mois : c'est le premier réflexe à vérifier, car ce droit ne coûte rien au salarié. Tout dépend de votre branche. Sinon, l'écart reste à votre charge.

Au-delà, un contrat de prévoyance collective souscrit par l'employeur verse des indemnités complémentaires qui comblent l'écart avec votre rémunération habituelle, y compris quand les durées légales sont épuisées. C'est le seul dispositif qui sécurise un arrêt long sans perte de revenu, une fois la carence passée. Un courtier compare ces garanties par niveau et par prix.

Sources : legifrance.gouv.fr, legifrance.gouv.fr

Et après 90 ou 180 jours ? Le relais de la prévoyance collective

Passé les durées légales et conventionnelles, l'employeur cesse tout complément : il ne reste que les indemnités journalières. C'est là qu'une prévoyance collective prend le relais, avec des indemnités complémentaires puis une rente d'invalidité.

Sans ce relais, un arrêt de plusieurs mois se traduit par une chute brutale de revenu dès l'épuisement du maintien employeur. Les indemnités journalières seules couvrent environ la moitié du salaire, plafonnées, ce qui suffit rarement à couvrir un crédit immobilier ou un loyer. Le relais prévoyance évite ce décrochage financier.

La prévoyance collective intervient au titre de l'incapacité de travail (souvent appelée garantie ITT), puis de l'invalidité si l'état se prolonge. Pour l'employeur, financer ce contrat protège ses salariés et limite le risque social d'un arrêt long ; un courtier chiffre le niveau de garantie utile selon la masse salariale et le budget de l'entreprise.

Sources : legifrance.gouv.fr, ameli.fr

Employeur ou indépendant : à qui incombe le maintien ?

Employeur : le maintien de salaire légal pèse sur votre trésorerie. Une garantie « mensualisation » adossée à un contrat de prévoyance collective rembourse à l'entreprise les compléments versés pendant l'arrêt d'un salarié.

Travailleur indépendant (TNS) : vous n'avez aucun maintien légal ni employeur. Seule une prévoyance TNS individuelle couvre votre perte de revenu en arrêt maladie.

Vérifié le 10 juillet 2026

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Questions fréquentes

Retrouvez les réponses aux questions les plus posées par nos clients

Quelle est la durée du maintien de salaire en arrêt maladie ?

Dès 1 an d'ancienneté : 90 % du brut pendant 30 jours puis 66,66 % pendant 30 jours, majorés de 10 jours par tranche de 5 ans d'ancienneté.

Qui paye le salaire pendant un arrêt maladie : l'employeur ou la Sécurité sociale ?

Les deux : la Sécurité sociale verse des IJ (50 % du salaire de base), l'employeur complète sous conditions d'ancienneté, souvent par subrogation.

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