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Guides

Carence et franchise en prévoyance TNS : 15, 30 ou 90 jours ?

Méthode opérationnelle pour analyser le différentiel entre régime social TNS de base et besoins réels, puis dimensionner un contrat Madelin (IJ, invalidité, décès) selon âge, revenu et situation familiale.

Par Eyal Chelly·Fondateur, Courtier en assurance·15 mai 2026·Revu le 14 juillet 2026·ORIAS 240 082 22

Quel est le délai de carence d'une prévoyance TNS ?

Le régime de base applique 3 jours de carence : vos indemnités journalières démarrent au 4e jour d'arrêt. Votre contrat de prévoyance, lui, applique une franchise que vous choisissez à la souscription — 15, 30, 60 ou 90 jours. Plus elle est longue, plus la cotisation baisse, et plus vous financez seul le début de l'arrêt.

Vous êtes arrêté un lundi. Combien de jours allez-vous vivre sans le moindre euro qui rentre ? C'est la seule question qui compte. Et trois délais différents s'empilent pour y répondre : la carence, la franchise, le délai d'attente. Les contrats les évoquent, personne ne les arbitre.

Le vrai prix d'un contrat de prévoyance ne se lit pas seulement sur la cotisation. Il se lit en jours. Une franchise de 90 jours coûte moins cher chaque mois qu'une franchise de 15 jours. Mais elle vous demande de tenir trois mois de charges sur votre seule trésorerie. Un artisan qui n'a pas cette avance signe un contrat qui ne le protège pas au moment où il en a besoin.

Ce guide sépare les trois délais et vous aide à trancher. Notre équipe compare 60 assureurs, et c'est le premier point que nous vérifions sur un projet de contrat : votre courtier doit calibrer la franchise sur votre trésorerie, jamais sur le tarif d'appel.

Carence, franchise, délai d'attente : quelle différence ?

Trois délais, trois logiques. La carence est subie : 3 jours sans indemnité du régime de base. La franchise, vous la choisissez dans votre contrat : 15, 30, 60 ou 90 jours. Le délai d'attente, lui, court à l'entrée du contrat.

Prenez la chronologie réelle d'un arrêt maladie. Jour 1 : vous cessez le travail. Jour 4 : le régime de base commence à verser ses indemnités journalières, une fois les 3 jours de carence passés. Jour 16, 31 ou 91 : votre contrat de prévoyance prend le relais, selon la franchise que vous avez retenue.

Les deux délais ne s'annulent donc pas, ils se superposent. Avec une franchise de 30 jours, vous touchez l'IJ du régime de base dès le 4e jour, mais rien de votre assureur avant le 31e. Le trou de revenu est réel. Il est aussi chiffrable à l'avance, avant même de signer.

Sources : ameli.fr

Combien de jours de carence avant les indemnités du régime de base ?

La carence est de 3 jours. Les indemnités journalières du régime de base sont dues à compter du 4e jour d'arrêt, hospitalisation comprise. Elle est uniforme depuis le 1er juillet 2021 : l'ancien régime du RSI, 7 jours en maladie, n'existe plus.

Méfiez-vous des pages qui traînent encore une « carence réduite en cas d'hospitalisation ». Ce n'est plus une dérogation. Trois jours, c'est le droit commun, pour tous les arrêts.

Trois exceptions font sauter la carence. Une prolongation d'arrêt après une reprise de 48 heures ou moins ne rouvre pas de délai de carence. Une affection de longue durée : la carence n'est alors retenue que pour le premier arrêt, sur une période de 3 ans. Et l'interruption spontanée de grossesse.

Une condition d'ouverture est souvent oubliée : il faut 12 mois continus d'affiliation au titre de l'activité en cours. Avant ce délai, aucune indemnité, quel que soit votre revenu.

Sources : ameli.fr

Si le régime de base ne verse presque rien, faut-il une franchise courte ?

Oui. L'indemnité journalière du régime de base plafonne à 65,84 € bruts par jour au 1er janvier 2026 pour un artisan ou un commerçant. Soit environ 2 000 € bruts par mois, quel que soit votre revenu réel.

Le calcul est mécanique : 1/730e du revenu d'activité annuel moyen des 3 années civiles précédentes, retenu dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026).

Plus bas encore : l'indemnité tombe à 0 € si ce revenu moyen est inférieur à 4 582 €. Un indépendant en démarrage peut donc cotiser et ne rien percevoir du tout.

La conséquence est directe. Si le régime de base vous verse peu ou rien, une franchise longue vous laisse sans revenu de remplacement pendant des semaines. La franchise courte cesse d'être un confort : elle devient la garantie utile. C'est l'arbitrage que les comparateurs oublient.

Sources : ameli.fr

Franchise 3, 15, 30, 60 ou 90 jours : l'arbitrage réel

Franchise choisieEffet sur la cotisationPour quel profilTrésorerie à avoir devant vous
3 jours (calée sur la carence)La cotisation la plus élevéeRevenu 100 % dépendant de l'activité, aucune avanceMoins d'une semaine de charges
15 joursCotisation élevéeArtisan ou commerçant seul, trésorerie tendueEnviron 2 semaines de charges fixes
30 joursCotisation intermédiaireLe compromis le plus courant1 mois de charges fixes
60 joursCotisation plus basseFoyer avec un second revenu, activité peu saisonnière2 mois de charges fixes
90 joursLa cotisation la plus basseTrésorerie solide, conjoint salarié, épargne dédiée3 mois de charges — prudence si vous êtes libéral

Arbitrage indicatif : les franchises disponibles et leurs conditions varient d'un contrat à l'autre. À confirmer sur votre projet de contrat.

Franchise 15, 30 ou 90 jours : laquelle choisir ?

Celle que votre trésorerie peut absorber. La question n'est pas « quelle franchise coûte le moins cher », mais « combien de mois de charges fixes puis-je payer sans encaisser un euro ».

La franchise est le premier levier de cotisation : plus elle s'allonge, plus la prime baisse. Posez donc le calcul avant de regarder les tarifs. Loyer professionnel, échéances de crédit, cotisations sociales, charges du foyer : additionnez, puis comparez à votre trésorerie disponible.

Un artisan avec 6 000 € d'avance et 4 000 € de charges mensuelles tient un mois et demi. Sa franchise raisonnable est de 30 jours, pas de 90.

Le sens de variation est constant chez tous les assureurs. L'ampleur de l'écart, elle, dépend du contrat, de l'âge et du revenu assuré : les fourchettes de cotisation sont détaillées sur notre page prévoyance TNS. Nos conseillers chiffrent les deux options côte à côte avant de trancher.

Sources : ameli.fr

Franchise accident et franchise maladie : pourquoi elles diffèrent ?

Beaucoup de contrats appliquent deux franchises distinctes : plus courte en accident, plus longue en maladie. L'accident est daté et objectivable. La maladie, elle, ouvre un terrain d'expertise.

C'est une clause à vérifier, pas une règle universelle. Concrètement, un tableau de garanties peut annoncer « franchise 90 jours » et cacher un 15 jours en cas d'accident. À l'inverse, un contrat vendu « 30 jours » peut réserver ce délai à l'accident et appliquer 90 jours à la maladie. Le prix affiché change alors de sens.

Deux réflexes avant de signer. Cherchez la ligne « franchise » dans les conditions particulières, et vérifiez qu'elle distingue accident, maladie et hospitalisation. Puis demandez si la franchise se recalcule à chaque nouvel arrêt, ou si les arrêts liés à une même pathologie se cumulent. La réponse change tout sur un arrêt fractionné.

Qu'est-ce que le délai d'attente d'un contrat de prévoyance ?

C'est le délai qui court à partir de la signature, pendant lequel certaines garanties ne jouent pas encore. Il ne se déclenche pas à l'arrêt de travail, contrairement à la franchise.

Il se consomme dès l'entrée dans le contrat, que vous soyez en bonne santé ou non. Il vise surtout deux familles de risques : les affections dorsales et les affections psychiques. Un contrat signé en janvier peut ne couvrir un mal de dos qu'à partir de l'été suivant. La durée varie fortement d'un assureur à l'autre.

Ne le confondez pas avec une exclusion. Le délai d'attente est temporaire : la garantie finit par s'ouvrir. Une exclusion est définitive, le risque n'est jamais couvert. Le détail des exclusions, dos et psy compris, est traité sur notre page prévoyance TNS, avec les garanties d'incapacité et de rente d'invalidité.

Profession libérale : le régime de base s'arrête au 90e jour, quelle franchise choisir ?

Pas 90 jours. Pour un libéral, les indemnités journalières du régime de base sont limitées à 90 jours par arrêt. Caler la franchise du contrat sur ce seuil crée un raccord fragile, au moment précis où le régime de base cesse de payer.

Le dispositif est récent : le droit aux IJ maladie des professions libérales n'existe que depuis le 1er juillet 2021. Il verse jusqu'à 197,51 € bruts par jour au 1er janvier 2026, après 3 jours de carence, sous condition de 12 mois d'affiliation continue. Puis il s'arrête au 90e jour.

Au-delà, le régime de base ne verse plus rien. C'est exactement l'angle mort. Or l'arrêt long est le scénario où un libéral a le plus besoin de son contrat : une franchise de 30 jours, voire 15, sécurise ce raccord.

Sources : ameli.fr

Peut-on souscrire une prévoyance TNS sans questionnaire médical ?

Non, dans la quasi-totalité des cas. La sélection médicale est la règle en prévoyance individuelle : questionnaire de santé, parfois examens complémentaires au-delà d'un certain capital assuré. Méfiez-vous des offres qui promettent l'inverse.

Quatre issues sont possibles après l'étude de votre dossier. L'acceptation aux conditions normales. La surprime, qui majore la cotisation. L'exclusion d'une pathologie précise, souvent celle que vous venez de déclarer. L'ajournement, qui reporte la décision, ou le refus.

Le vrai risque n'est pas la surprime. C'est l'omission : une fausse déclaration intentionnelle entraîne la nullité du contrat. Vous avez cotisé, et l'assureur ne verse rien au sinistre. Déclarez tout, y compris un antécédent ancien.

Un dossier avec antécédent se travaille. C'est le terrain où le courtier fait la différence, en présentant le même profil à plusieurs assureurs dont les grilles de sélection diffèrent.

Délai de carence des indemnités journalières maladie du TNS : aucune indemnité pour les 3 premiers jours d'arrêt, les IJ sont dues à compter du 4e jour. L'ouverture du droit suppose 12 mois continus d'affiliation au titre de l'activité en cours. Exceptions à la carence : prolongation après une reprise de 48 heures ou moins, affection de longue durée (carence retenue pour le premier arrêt seulement, sur une période de 3 ans), interruption spontanée de grossesse.

Professions libérales : les indemnités journalières maladie du régime de base sont versées après 3 jours de carence, sous condition de 12 mois continus d'affiliation, dans la limite de 197,51 € bruts par jour au 1er janvier 2026 — et pour une durée maximale de 90 jours par arrêt. L'indemnisation du régime de base est donc limitée dans le temps.

Choisir sa franchise en 5 étapes

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Additionnez vos charges fixes mensuelles

Loyer professionnel, crédits, cotisations sociales, charges du foyer. Un seul chiffre : ce que vous devez sortir chaque mois, même à l'arrêt.

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Mesurez votre trésorerie réellement disponible

Compte pro, épargne mobilisable, revenu d'un conjoint. Excluez ce que vous ne pourrez pas débloquer en 15 jours.

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Déduisez le nombre de jours que vous tenez

Trésorerie divisée par les charges mensuelles, multipliée par 30. C'est votre autonomie réelle, en jours.

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Fixez la franchise juste en dessous

Si vous tenez 45 jours, prenez 30 jours, pas 60. La marge doit rester du côté de la sécurité.

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Vérifiez la ligne accident / maladie

Contrôlez que la franchise annoncée couvre les deux cas, et demandez la règle de recalcul en cas de rechute.

Quelle franchise selon votre situation ?

Partez de votre trésorerie, jamais du tarif affiché.

Votre situation

Si vous avez moins d'un mois de charges fixes devant vous

Franchise courte : 15 jours, ou calée sur la carence. La cotisation monte, mais c'est la seule qui vous verse quelque chose au moment où votre compte se vide.

Votre situation

Si vous tenez 1 à 3 mois de charges sur votre trésorerie

Franchise de 30 jours. C'est le compromis le plus courant : le régime de base couvre le début de l'arrêt, votre contrat prend le relais avant que l'avance ne soit épuisée.

Votre situation

Si vous avez plus de 3 mois d'avance ou un conjoint salarié

Franchise de 60 à 90 jours, avec la cotisation la plus basse. Vérifiez d'abord que cette épargne est réellement mobilisable et qu'elle n'est pas déjà fléchée sur un investissement.

Votre situation

Si vous exercez en profession libérale

Évitez de caler la franchise sur 90 jours : les IJ du régime de base s'arrêtent précisément à ce seuil. Une franchise de 15 ou 30 jours sécurise le raccord.

Ce qu'il faut retenir

La carence est de 3 jours

Uniforme depuis le 1er juillet 2021, hospitalisation comprise. Les IJ du régime de base démarrent au 4e jour.

La franchise, elle, se choisit

15, 30, 60 ou 90 jours selon votre contrat. C'est le principal levier de cotisation.

Franchise longue, cotisation plus basse

Mais vous financez seul un trou de revenu plus long. Le gain mensuel se paie au sinistre.

Sans trésorerie d'avance, franchise courte

Le bon délai est celui que vos charges fixes peuvent absorber, pas celui qui affiche le meilleur prix.

Ne confondez pas les deux

La carence relève du régime de base ; la franchise et le délai d'attente relèvent de votre contrat.

Pour aller plus loin sur les sujets voisins : la déductibilité des cotisations au titre de l'article 154 bis du CGI, le calcul des IJ en auto-entrepreneur si vous êtes au micro, et le comparatif prévoyance ou mutuelle pour savoir lequel des deux contrats couvre quoi.

Vérifié le 14 juillet 2026

Quelle franchise pour votre trésorerie ?

Nos conseillers chiffrent les options 15, 30 et 90 jours sur votre situation, comparent 60 assureurs et vous disent laquelle tient. Gratuit, sans engagement — rappel sous 2 h ouvrées.

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Loi Madelin

Dispositif fiscal (loi 94-126 du 11 février 1994, art. 154 bis CGI) qui permet aux travailleurs non salariés (TNS) de déduire de leur bénéfice imposable les cotisations versées en santé, prévoyance et perte d'emploi. Branches santé, prévoyance et perte d'emploi toujours actives ; la retraite Madelin est remplacée par le PER individuel depuis le 1er octobre 2020 (loi PACTE).

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Lexique

Indemnités journalières

Versements quotidiens compensant la perte de revenu pendant un arrêt de travail pour maladie ou accident. Pour les TNS, le régime de base est faible — un contrat complémentaire est crucial.

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Lexique

Rente d'invalidité

Versement périodique compensant la perte de revenu en cas d'invalidité permanente. Calculée sur le revenu d'activité et le taux d'invalidité retenu par le médecin-conseil de l'assureur.

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Lexique

TNS

Travailleur non salarié : statut social défini par le Livre 6 du Code de la sécurité sociale (article L611-1 CSS), couvrant artisans, commerçants, professions libérales et gérants majoritaires de SARL/EURL. Ces indépendants sont affiliés à la Sécurité sociale des indépendants (SSI), intégrée au régime général depuis 2020.

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Lexique

Rente éducation

La rente éducation est une garantie de prévoyance qui verse une rente régulière aux enfants d'un salarié décédé, généralement jusqu'à la fin de leurs études. Elle complète le capital décès et la rente de conjoint.

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Questions fréquentes

Retrouvez les réponses aux questions les plus posées par nos clients

Qu'est-ce qu'un contrat Madelin ?

Contrat de prévoyance, santé ou retraite labellisé qui permet à un TNS (artisan, libéral, dirigeant majoritaire) de déduire de son revenu imposable les cotisations versées. Plafond 2026 : 3,75% du PASS + 7% du revenu pour la prévoyance, 7% du revenu pour la santé.

Quelles indemnités journalières pour un TNS en arrêt de travail ?

Régime de base TNS très faible : 22-56 €/jour selon caisse (SSI ou libéraux médicaux) après délai de carence 3-7 jours. Sur 30 jours d'arrêt, perte non remboursée de 2-3 000 € sur un revenu de 4 000 €/mois. Un contrat Madelin permet de compléter à 80-100% du revenu professionnel.

Au bout de combien de jours d'arrêt un indépendant touche-t-il ses indemnités journalières ?

3 jours de carence : les indemnités journalières du régime de base sont dues à partir du 4e jour d'arrêt, hospitalisation comprise.

Peut-on souscrire une prévoyance TNS sans questionnaire médical ?

Rarement. La sélection médicale est la règle en prévoyance individuelle : sans questionnaire, les garanties sont nettement plus limitées.

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