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Prévoyance ou mutuelle santé quand on est TNS : que choisir ?

Si votre budget n'en permet qu'une seule, prenez la prévoyance. Un soin mal remboursé coûte quelques centaines d'euros ; un arrêt long coûte tout votre revenu. Le régime de base plafonne l'indemnité d'un artisan à 65,84 € par jour.

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Mis à jour le Par Eyal Chelly, fondateur, courtier en assurance

En bref

Si votre budget n'en permet qu'une seule, prenez la prévoyance. Un soin mal remboursé coûte quelques centaines d'euros ; un arrêt long coûte tout votre revenu. Le régime de base plafonne l'indemnité d'un artisan à 65,84 € par jour.

Soigner n'est pas remplacer

Votre mutuelle rembourse le kinésithérapeute qui répare votre dos. Elle ne paie pas les six mois pendant lesquels vous ne facturez plus. Toute la différence est là. La mutuelle couvre une dépense de santé ; la prévoyance couvre une perte de revenu. Un salarié a un employeur qui maintient son salaire. Vous, non : personne ne prend le relais à votre place.

Les deux contrats sont vendus ensemble, sous le même mot : « santé ». D'où la confusion. Beaucoup d'indépendants croient que leur mutuelle les couvrira pendant un arrêt de travail. Elle ne le fera pas. Ce n'est pas son objet.

Posez-vous la vraie question. Qu'est-ce qui vous coûte le plus cher : un soin mal remboursé, ou six mois sans facturer ? Le premier vous coûte quelques centaines d'euros. Le second emporte votre revenu, vos charges fixes, parfois votre entreprise.

Le régime de base des indépendants verse bien une indemnité journalière. Elle est plafonnée, elle démarre après trois jours de carence, et pour les revenus les plus faibles elle ne verse rien du tout. C'est ce trou-là que la prévoyance achète.

Cette page compare ce que chaque contrat couvre réellement, ce qu'aucun des deux ne couvre, et dans quel ordre les souscrire. Les prix n'y figurent pas : ils vivent sur la page prévoyance TNS. Courtier indépendant, notre équipe compare 60 assureurs avant de recommander un contrat, et le premier conseil porte presque toujours sur l'ordre des risques, pas sur le tarif.

Une précision pour éviter le contresens. La mutuelle d'entreprise obligatoire et la prévoyance collective concernent les salariés : en tant que TNS, vous n'êtes pas concerné. Si vous venez de quitter un emploi salarié, vos garanties d'entreprise ne se prolongent qu'un temps, au titre de la portabilité.

Mutuelle santé TNS et prévoyance TNS : qui paie quoi

SituationMutuelle santé TNSPrévoyance TNS
Risque couvertVos dépenses de santéVotre perte de revenu
Forme de la prestationRemboursement de frais réelsIndemnités journalières, rente, capital
Arrêt de travail de 6 moisNe verse rien : ce n'est pas son objetComplète l'indemnité de base, après la franchise du contrat
Ce que verse le régime de base pendant cet arrêtLes remboursements de soins habituels65,84 €/jour maximum (artisan) ; 0 € sous 4 582 € de revenu moyen
InvaliditéRembourse les soins liésVerse une rente ; le régime de base exige plus de 2/3 de perte de capacité
DécèsLe contrat prend finVerse un capital aux proches ; le régime de base verse 9 612 €
Fiscalité des prestationsRemboursements de soins exonérés d'impôtIndemnités journalières et rentes imposables
Déductibilité des cotisationsOui, article 154 bis du CGIOui, article 154 bis du CGI, même enveloppe
Obligatoire pour un TNS ?NonNon
Ce qu'elle ne couvrira jamaisAucune perte de revenuAucun frais de soins
Baisse d'activité sans arrêt médicalNon couvertNon couvert

Sources : ameli.fr (indemnités journalières 2026), arrêté du 1er avril 2026 (régime invalidité-décès des travailleurs indépendants), CGI art. 154 bis. Aucune fourchette de prix ici : elles vivent sur la page prévoyance TNS.

Prévoyance ou mutuelle : laquelle souscrire en premier quand on est indépendant ?

Si votre budget n'en permet qu'une seule, prenez la prévoyance. Un soin mal remboursé coûte quelques centaines d'euros ; un arrêt long coûte tout votre revenu. Le régime de base plafonne l'indemnité d'un artisan à 65,84 € par jour.

Ce plafond est un maximum, pas une moyenne. L'indemnité vaut 1/730e de votre revenu annuel moyen des trois années civiles précédentes. En dessous de 4 582 € de revenu moyen, elle tombe à zéro : vous cotisez, vous ne touchez rien.

Chez un libéral, le calcul est plus favorable, jusqu'à 197,51 € par jour. Mais le versement s'arrête à 90 jours par arrêt. Le sixième mois d'arrêt d'un kinésithérapeute n'est donc couvert par personne, sauf contrat de prévoyance.

Faites le calcul froid. Listez vos charges fixes mensuelles : loyer, leasing, cotisations. C'est le montant que votre indemnité journalière doit couvrir. Comparez-le aux 65,84 € par jour du régime de base. L'écart, c'est exactement ce que la prévoyance achète.

Sources : ameli.fr, ameli.fr

Que couvre une mutuelle santé que la prévoyance ne couvrira jamais ?

À l'inverse, aucune prévoyance ne rembourse un soin. Dépassements d'honoraires, optique, dentaire, forfait hospitalier, audioprothèse : seule la mutuelle les prend en charge. Sans elle, ces dépenses restent à votre charge.

La frontière tient au vocabulaire de la Sécurité sociale. La mutuelle sert des prestations en nature : elle paie un soin. La prévoyance sert des prestations en espèces : elle paie un revenu de remplacement.

Cette frontière a une conséquence fiscale que peu de contrats mettent en avant. Les remboursements de soins ne sont pas imposables. Les indemnités journalières et les rentes de prévoyance, elles, le sont : l'administration les traite comme un revenu de remplacement. Dimensionnez donc vos garanties en brut, jamais en net.

Un exemple. Une hospitalisation de trois jours, sans arrêt long derrière : la mutuelle joue à plein, la prévoyance ne verse rien, et c'est normal. Un burn-out de six mois produit l'effet exactement inverse.

Sources : bofip.impots.gouv.fr

Maintien de salaire et prévoyance : est-ce la même chose ?

Non. Le « maintien de salaire » est un mécanisme de salarié : l'employeur continue de payer pendant l'arrêt. Un indépendant n'a pas d'employeur, donc pas de salaire à maintenir. Vous achetez une indemnité journalière complémentaire.

Le terme reste employé en marketing, parce qu'il rassure. Il induit pourtant en erreur sur deux points.

D'abord le déclencheur. Votre contrat ne verse rien tant que la franchise choisie à la souscription n'est pas écoulée. Selon les contrats, elle se règle sur 15, 30, 60 ou 90 jours. Plus elle est courte, plus la cotisation monte. Ce réglage est détaillé dans notre guide sur la franchise et la carence.

Ensuite le montant. Rien n'est « maintenu » automatiquement : vous assurez un revenu déclaré au contrat. Si vos revenus baissent ensuite, l'indemnité réellement versée peut être revue au moment du sinistre. Tout dépend de la nature du contrat.

Sources : ameli.fr

Contrat forfaitaire ou indemnitaire : quelle différence sur votre indemnisation ?

Deux logiques opposées. En forfaitaire, l'assureur verse l'indemnité prévue au contrat, sans examiner votre perte réelle. En indemnitaire, il complète jusqu'à un plafond, après déduction des indemnités du régime de base.

C'est la clause qui fait les mauvaises surprises. En indemnitaire, l'assureur reconstitue votre perte de revenu, justificatifs à l'appui. Si votre bénéfice a chuté l'année précédant l'arrêt, l'indemnité suit cette baisse, même si vous cotisiez sur un revenu plus élevé.

Le forfaitaire, lui, verse le montant souscrit. Il est plus lisible. En contrepartie, la sélection médicale à l'entrée est plus stricte et la cotisation souvent supérieure.

Trois réflexes avant de signer. Vérifiez la nature du contrat, écrite dans les conditions générales. Vérifiez si les indemnités du régime de base sont déduites de l'indemnité promise. Vérifiez enfin quel revenu sert de référence, et à quelle date il est constaté. Nos conseillers lisent ces trois lignes avant tout le reste.

Sources : ameli.fr

Commencer par la prévoyance : ce que ça vous apporte, ce que ça vous coûte

Souscrire la prévoyance avant la mutuelle, à budget contraint

Avantages

  • Aucun employeur ne maintient votre revenu : sans contrat, personne ne prend le relais.
  • Un arrêt long met en jeu tout votre revenu, pas quelques centaines d'euros de soins.
  • Le régime de base plafonne l'indemnité d'un artisan à 65,84 € par jour, au mieux.
  • Le capital décès de base s'élève à 9 612 € : de quoi tenir des semaines, pas des années.
  • L'invalidité n'ouvre un droit de base qu'au-delà de deux tiers de perte de capacité.

Inconvénients

  • Sans mutuelle, dépassements d'honoraires, optique et dentaire restent à votre charge.
  • Des soins dentaires lourds ou un appareillage pèsent tout de suite sur votre trésorerie.
  • La prévoyance impose un questionnaire de santé : la souscription est plus longue.
  • Ses indemnités sont imposables, contrairement aux remboursements de soins de la mutuelle.

L'indemnité journalière maladie du régime de base d'un artisan ou d'un commerçant est égale à 1/730e du revenu d'activité annuel moyen des trois années civiles précédant l'arrêt, dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale. Son montant maximal est de 65,84 € bruts par jour au 1er janvier 2026, après trois jours de carence et sous condition de douze mois d'affiliation continue.

Dans le régime de base des travailleurs indépendants, la pension d'invalidité n'est ouverte qu'à partir d'une perte de capacité de travail ou de gain supérieure aux deux tiers. Le capital décès d'un assuré actif cotisant est fixé à 20 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 9 612 € en 2026, majoré d'un capital orphelin de 5 % du plafond par enfant à charge.

Prévoyance ou mutuelle : par quoi commencer dans votre situation

L'arbitrage ne dépend pas de votre métier, mais de trois choses : votre trésorerie, vos personnes à charge et ce que couvre déjà votre foyer.

Ce qu'il faut retenir

La mutuelle paie les soins

Consultations, hospitalisation, optique, dentaire. Elle ne verse jamais un euro de revenu.

La prévoyance paie le revenu

Indemnités journalières, rente d'invalidité, capital décès. Elle ne rembourse jamais un soin.

L'ordre compte plus que le choix

Sans employeur pour maintenir votre salaire, le trou de revenu reste le risque le plus lourd à porter seul.

Les deux cotisations se déduisent

Elles s'imputent sur le bénéfice imposable au titre de l'article 154 bis du CGI. Le détail vit dans notre guide sur la déduction des cotisations.

Vérifié le 14 juillet 2026

Prévoyance, mutuelle, ou les deux : faisons le point sur votre situation

Notre équipe compare 60 assureurs et vous dit par quoi commencer, selon vos charges fixes et ce que couvre déjà votre foyer. Gratuit, sans engagement, réponse sous 24 h ouvrées.

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Qu'est-ce qu'un contrat Madelin ?

Contrat de prévoyance, santé ou retraite labellisé qui permet à un TNS (artisan, libéral, dirigeant majoritaire) de déduire de son revenu imposable les cotisations versées. Plafond 2026 : 3,75% du PASS + 7% du revenu pour la prévoyance, 7% du revenu pour la santé.

Quelles indemnités journalières pour un TNS en arrêt de travail ?

Régime de base TNS très faible : 22-56 €/jour selon caisse (SSI ou libéraux médicaux) après délai de carence 3-7 jours. Sur 30 jours d'arrêt, perte non remboursée de 2-3 000 € sur un revenu de 4 000 €/mois. Un contrat Madelin permet de compléter à 80-100% du revenu professionnel.

Qu'est-ce que la prévoyance de maintien de salaire pour un indépendant ?

C'est le nom commercial de la garantie arrêt de travail : elle verse une indemnité journalière qui complète celle du régime de base.

Est-ce utile d'avoir une prévoyance quand on a déjà une mutuelle ?

Oui. La mutuelle rembourse des soins, la prévoyance remplace un revenu : les deux contrats couvrent des risques différents et se cumulent.

Besoin d'un arbitrage adapté à votre cas ?

Nous vous aidons à sortir du théorique et à choisir les garanties les plus pertinentes.

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